Êtes-vous caïnophobe?

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Heu… je ne sais pas! C’est quoi être caïnophobe? 

C’est craindre de manière pathologique tout ce qui est nouveau. 

J’ai découvert ce mot en lisant un post sans importance sur Facebook… 

On peut dire que les dernières années ont été challengeantes en ce qui attrait à la nouveauté… Et qu’il y a matière à devenir caïnophobe! Des changements, on en a vécu plus d’un! Et on a eu à s’adapter rapidement à un paquet de nouvelles réalités. On fait des virages sur « un dix cenne » en ne sachant souvent pas comment on allait atterrir! Quel cyclone! 

Voici quelques exemples de nouveautés que nous avons dû apprivoiser: 

  • Quitter son milieu de travail pour faire du télétravail; 
  • S’organiser (et organiser sa maison) pour être efficace en télétravail; 
  • Apprendre que du jour au lendemain, tu n’as plus de travail! 
  • Découvrir des villes désertes…
  • Apprendre à vivre à temps plein avec sa famille…
  • Faire l’école à la maison;
  • Devenir craintif des gens qui nous entourent « sont-ils contagieux? »; 
  • Craindre d’attraper cette vilaine maladie et craindre que ça ne se passe pas bien et craindre d’en mourir!
  • Apprendre à vivre avec cette nouvelle maladie qui s’est officiellement installée sans être invitée…
  • Apprendre à traiter avec des gens qui n’ont pas les mêmes croyances que soit tout en restant dans le respect;
  • Puis, apprendre à recommencer à avoir une vie sociale;
  • Reprendre nos vieilles habitudes…; 
  • Et puis… devoir revenir au bureau!

Oh, le douloureux retour au bureau…! 

C’est un enjeu dont j’entends parler régulièrement: « Comment faire revenir les gens en présence? » 

Au début de la pandémie, j’ai une amie qui me disait qu’elle ne serait jamais capable de travailler de chez elle, qu’elle serait contre productive. C’est une fille active qui va au boulot en vélo. Elle aimait cette routine de transport qui lui permettait de couper avec le travail ou la maison et faire de l’exercice en même temps. Et bien, croyez-le ou non, deux ans plus tard, l’idée de retourner au bureau à temps plein la rebute complètement!  Un autre ami me disait: « Ça été assez difficile de s’installer à la maison, maintenant que c’est fait et que c’est productif, ça ne me tente plus de revenir comme avant. »

C’est fou comme on s’est adapté à cette réalité! Au début, on a eu peur mais on s’est familiarisé avec ce rythme et… on a aimé ça! Mais là, il faut retourner au bureau… 

Oh! Pas à temps plein! Cette option est de moins en moins envisageable. Les gens ne veulent plus se sentir obligés d’être présents physiquement.

Alors, comment faire pour assurer la synergie d’équipe, le choc d’idées, le sentiment d’appartenance et de loyauté à l’entreprise tout en ayant la flexibilité pour satisfaire les besoins des employés? 

Comment faire pour satisfaire les demandes variées de chacun en ayant un mode de fonctionnement à la fois souple et performant? 

Les gestionnaires se questionnent sur ce sujet délicat car la pénurie de main d’oeuvre force les dirigeants et les entrepreneurs à revoir complètement leur modèle de gestion. 

J’ai fait des ateliers sur ce thème avec des équipes. Voici ce qui en est ressorti:  

  • Le employés veulent de la variété dans leur horaire, c’est à dire ne pas devoir venir toujours les mêmes jours à chaque semaine. 
  • Ils sont prêts à s’engager à venir en présentiel deux jours par semaine maximum pour le moment.
  • Ils ne veulent surtout pas sentir de pression et avoir de la flexibilité. 
  • Ils veulent avoir la possibilité de jouer avec leur horaire, c’est à dire rentrer plus tôt ou finir plus tard pour éviter le trafic, entre autres. 
  • Ils désirent venir quand il y a d’autres employés présents afin d’éviter d’être seul au bureau.

« J’ai pas envie de faire du virtuel avec des gens qui sont chez eux pendant que moi, je suis au bureau! » 

  • Tant qu’à venir au bureau, ils veulent que ça en vaille la peine: rencontrer leurs collègues, avoir des réunions, des formations, des activités spéciales, donc être tous ensemble mais très occasionnellement (ex.: 1 x / mois). 

Chose certaine #1:  il est de mise d’y aller doucement avant d’implanter des règles rigides en lien avec le retour en présence. Les travailleurs ont été secoués par la pandémie, c’est comme si tout le monde vivait présentement un choc post traumatique! Certains ont été plus secoués que d’autres. 

La main d’oeuvre est frileuse à l’idée de devoir retourner en présentiel… D’abord, ça demande un effort qu’elle n’est pas prête à déployer surtout si les objectifs de l’entreprise sont atteints en virtuel. De plus, il y a encore des craintes d’attraper le virus et les gens ne veulent absolument pas retrouver la cadence épuisante de l’ancien modèle. Au point qu’imposer une règle de présence temps plein au bureau occasionnerait des départs en masse. 

Chose certaine #2: être toujours en virtuel, bien que ça puisse satisfaire l’individu et ne pas affecter sa productivité, ne favorise pas l’engagement de l’équipe. Il est primordial d’avoir des moments de rencontre avec toute l’équipe en présentiel.

La rencontre en présence, même si elle demande l’effort de se déplacer, permet de créer des liens entre les gens, des communications plus directes, un engagement beaucoup réel et profond que le virtuel et même favorise le plaisir tous ensemble! Ce qui facilite le développement du sentiment d’appartenance à son équipe.

L’entreprise doit expliquer l’importance d’être physiquement ensemble et doit le faire dans un climat convivial et chaleureux. Autrement, ma croyance est que l’engagement et la mobilisation des employés s’effriteront à plus ou moins long terme. 

En terminant, je vous conseille de consulter le plus possible votre équipe pour: 

  1. Connaître et comprendre ses attentes et ses besoins;
  2. Partager avec elle vos attentes et préoccupations quant aux objectifs à atteindre; 
  3. La mettre dans le coup pour l’atteinte des objectifs visés; 
  4. Lui faire comprendre qu’elle est précieuse pour vous.

C’est comme si retourner en présence au bureau était quelque chose de complètement nouveau! Et qu’il fallait s’adapter à un changement majeur… Étrange non? 

Alors, finalement, êtes-vous caïnophobe? 

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